[Article de l'Union] Visteon : 112 emplois menacés de disparition

Publié le par NPA REIMS

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CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (Ardennes).

Hier lors d'un comité d'entreprise, les représentants du personnel ont été officiellement avisés que Visteon allait réduire la voilure en misant sur 112 départs volontaires.

 

RAPPELEZ-VOUS. Le 4 mai dernier, à la veille du second tour des élections présidentielles, Jean-Paul Bachy, jetait un sacré froid en préambule d'une réunion tenue à Sedan, en présence d'Edith Cresson, en annonçant « Une énième mauvaise nouvelle pour les Ardennes ». En l'occurrence : la suppression d'une centaine d'emplois au sein de l'entreprise carolomacérienne, Ardennes Visteon Industries, via des départs négociés.
Se retrouvant entre le marteau et l'enclume, les cadres de l'équipementier automobile américain - à savoir, Jean-Remy Courbière, directeur des ressources humaines, et Patrick Marche, directeur intérimaire depuis le départ de Louis Vaquero - avaient aussitôt démenti cette information. Avant une ultime mise au point sans équivoque et avec détails et chiffres à l'appui du président du conseil régional dans nos colonnes.
Quatre mois plus tard, ce projet de dégraissage a bel et bien été officialisé par le second employeur du département au cours d'un comité d'entreprise extraordinaire tenu, hier, sur le site de l'avenue de l'Industrie. L'élu avait donc raison : ce conséquent plan de départs volontaires a, en effet, été présenté par les dirigeants de Visteon.

De 1 300 salariés en 2004 à 635 en 2013 ?

L'effectif actuel (747 salariés plus 140 intérimaires) étant trop important par rapport au futur volume d'activité, le fabricant d'appareils de climatisation pour l'automobile entend se séparer de 112 personnes, afin d'être plus compétitif à l'avenir.
Une coupe qui passera soit par des départs volontaires négociés avec des enveloppes financières à la clé - 1 000 euros par an avec un plafond de 10.000 euros en plus de l'indemnité légale de licenciement - pour les candidats éventuels, soit par le non-remplacement de départs naturels.
« A ce tarif ridicule, ils ne seront pas beaucoup à se presser aux portillons », concluaient, hier, les délégués syndicaux*.
77 opérateurs des ateliers aluminium et plastique et 35 employés indirects sont d'ores et déjà ciblés par cette mesure drastique.
Jean-Remy Courbière a aussi annoncé une réorganisation interne avec un rapprochement entre les services supports (qualité, maintenance, méthode, logistique) et la production.
« Un dispositif déjà mis en place sans succès, il y a un an, au point de se conclure par un fiasco », faisaient remarquer les syndicalistes CGT et FO à la sortie du CE.
Le contenu de ce plan social sera confirmé, dès aujourd'hui, à l'ensemble du personnel lors de plusieurs réunions d'informations. La direction ayant décidé d'expliquer verbalement aux salariés cette restructuration imposée, selon elle, par la conjoncture.
Seule note positive au cours des trois heures de réunion, l'annonce d'un plan d'investissement sur trois ans de 15 à 18 millions d'euros, destiné à former le personnel et à moderniser un outil de travail devenu trop vétuste. Ce qui débouchait sur certains dysfonctionnements fâcheux et à des rebuts.
La crise que traverse le secteur automobile, la forte concurrence régnant entre les sites automobiles pour décrocher des marchés et le non-renouvellement de produits de la gamme Ford jusqu'alors fabriqués à Charleville-Mézières (comme par exemple la Mondeo CD3 X) semblent être à l'origine de cette très mauvaise nouvelle pour l'économie ardennaise, laquelle pourrait d'ailleurs connaître d'autres feux de détresse au cours des prochaines semaines.
Le nouveau directeur général, Gilles Raymond, ancien cadre de Defta, présent, hier, lors de ce CE extraordinaire, a donc pris ses fonctions dans un drôle de contexte. On aurait pu, en tout cas, lui souhaiter la bienvenue d'une meilleure manière et le placer dans des conditions de travail plus aisées…
Pascal REMY
* En 2007, lors d'une opération similaire ayant déjà abouti à 114 départs volontaires, la prime supralégale s'élevait alors à 60 000 euros.

 

84 % de la production pour la gamme Ford

Actuellement, les salariés de Visteon fabriques des appareils de climatisation pour la Fiesta, la Focus, l’ancienne formule Mondeo et le Cmax. Soit 84 % de porudction consacrés à la gamme Ford.
Pour le reste, ils travaillent aussi pour Nissan, Volvo, Jaguar et Land Rover. Mais l’avenir reste incertain au cours d’une période sensible marquant le renouvellement des marchés.

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