[Article de l'Union] Plysorol / Le site de Magenta occupé

Publié le par NPA REIMS

 

 

 

plysorol.jpgMAGENTA (Marne). Fraîchement licenciés, les anciens salariés de Plysorol occupent depuis hier leur usine de Magenta. La mobilisation s'organise. HIER matin, aucun des 94 salariés ne manquait à l'appel. Rendez-vous avait été donné à 10 heures sur le site de Plysorol. « C'est difficile de revenir ici quand on sait que ce n'est pas pour reprendre le boulot », confiait l'un d'entre eux, en franchissant les grilles de l'usine. Moins de 24 heures après l'annonce de la liquidation de l'ex-leader européen du contreplaqué par le tribunal de commerce de Lisieux, les questions se bousculent. Chacun s'interrogeant sur son avenir. « Est-ce que je vais toucher ma paye à la fin du mois de septembre ? », s'interroge un ancien de la boîte. Marie-Christine Malet, secrétaire du CCE reste encore leur unique interlocuteur. « Tu seras payé par les assurances, mais tu seras payé », affirme celle qui a passé 39 ans chez Plysorol. « Ensuite, ce sera le chômage… » Plusieurs employées ne cachent pas leur colère. « On est jeté à la rue comme des malpropres », « Quarante ans de boîte pour quoi, pour qui ? Pour se faire spolier par des voleurs ! ». Une autre ne cache pas son appréhension : « Là, on est ensemble, ça va mais quand je vais me retrouver seule, ce sera beaucoup difficile ». Un million d'euros de stocks D'une poigne de fer, tout en tentant d'apaiser les craintes des uns et des autres, des collègues, Marie-Christine Malet explique qu'une cellule d'informations devrait être mise en place rapidement. Pas question, pourtant de baisser les bras ! « On ne se laissera pas piller ! », crie l'élue du CCE. « Il faut protéger notre outil de travail. Pas question de laisser sortir les stocks sans l'accord des salariés ! ». Catégorique, Marie-Christine Malet affirme : « Actuellement, nous avons pour 1 million d'euros de produits finis en stock ». A l'unanimité, les ex-salariés de Plysorol votent l'occupation de l'usine. « De notre usine ! », rappellent certains. Licencié, Damien Chrétien, 28 ans doit renoncer à ses rêves. « Je suis marié, ma femme ne travaille pas, j'ai un enfant. On pensait s'offrir une maison, même en location, aujourd'hui c'est devenu impossible ». Le jeune homme, en CDI depuis juin 2011 a accepté de prendre le premier tour de garde. « On occupera l'usine jusqu'à sa reprise », assure Marie-Christine Malet. Nostalgiques, plusieurs se rendent à la machine à café, histoire de se remonter le moral. « On ne lâchera pas prise… » Aujourd'hui, chacun espère un geste des pouvoirs publics. « Nous nous sentons abandonnés, presque oubliés… » Corinne LANGE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article