[Article de l'Union] Manifestation devant Cora : « FO » pas virer les gens comme ça

Publié le par NPA REIMS

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VILLERS-SEMEUSE (Ardennes). Des délégués Force ouvrière ont filtré hier l'accès à l'hypermarché de Villers-Semeuse, qui vient d'être condamné aux prud'hommes pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Objectif de FO : « révéler aux consommateurs qu'il y a des licenciements abusifs à Cora. »

 

UNE vingtaine de délégués syndicaux Force ouvriè-re, parmi lesquels le représentant départemental Daniel Blondeau et des délégués des magasins Cora de Reims, Verdun et Villeneuve-d'Ascq, ont manifesté hier matin, entre 9 h 30 et 10 h 30, au rond-point qui donne accès à l'hypermarché Cora de Villers-Semeuse.
Aucun barrage cependant, et encore moins d'embouteillage : les militants se sont contentés de ralentir les automobilistes et de leur demander d'ouvrir leur vitre, afin d'y glisser un tract intitulé « Licenciés comme des malpropres, la Justice vient de rendre son verdict ! »
Cet accès de fièvre, assez rare pour être souligné, s'inscrit dans un contexte houleux qui oppose, depuis quelques années, la direction locale de Cora (qui est, avec 450 salariés, le 6e plus gros Cora de France), à Force ouvrière, syndicat majoritaire (et du reste, unique) de l'enseigne ardennaise.
Ce divorce dure depuis trois ans. En avril 2009, alors que deux salariés de l'enseigne, Jean-Pierre Jadon et Sébastien Charlot, venaient de rejoindre le syndicat, la direction a mis à pied ces deux employés en charge de la surveillance, avant de les licencier trois semaines plus tard pour faute grave. Leur était reproché, entre autres, d'avoir échangé quelques mots avec des amis pendant une ronde, d'avoir pris une pause de trop ou d'avoir été négligents en surveillant des camions de livraison.

Licenciée la veille de Noël

Or cet été, le conseil de prud'hommes a condamné Cora pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. L'enseigne est condamnée à verser à ses deux anciens salariés leurs indemnités de licenciement ainsi que 18.000 euros de dommages et intérêts. Elle a choisi de faire appel.
Sébastien Charlot ayant depuis retrouvé du travail à Périgueux, seul Jean-Pierre Jadon, devenu commerçant à Warcq, était sur place hier, accompagné par le délégué syndical FO de l'hyper, Gérald Pinteaux. Ce dernier voit dans cette affaire une volonté de la direction de « faire un exemple » et de « bloquer l'action syndicale » (lire ci-dessous).
Concernant l'opération menée hier, le délégué note qu'il s'agit de « révéler aux consommateurs qu'il y a des licenciements abusifs à Cora ». Sur le tract, est par ailleurs exposé le cas d'une salariée avec 29 ans d'ancienneté, licenciée elle aussi pour faute grave, le 24 décembre 2010. « Un beau cadeau de Noël », persifle Gérald Pinteaux.
Du côté de la direction, le patron de l'hyper Stéphane Derango a rédigé une note de service qui a été affichée dans le magasin hier. Il évoque une « mascarade » peu suivie par son personnel (lire ci-contre).
Sur le rond-point enfin, les réactions variaient sensiblement selon la sensibilité des automobilistes. Un jeune homme a ouvert sa vitre et s'est rangé du côté des militants : « Faut leur rentrer dedans, y a que ça à faire ! » Un homme âgé très énervé a quant à lui voulu forcer le barrage et a manqué d'écraser quelques pieds, avant de sortir de son véhicule pour invectiver les manifestants.
Guillaume LÉVY

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